Piet Vroman, CFO DPG Media

2022: une année marquée par de sévères augmentations des coûts

Dans quelle mesure la hausse des coûts a-t-elle affecté le résultat de DPG Media pour 2022? Le CFO Piet Vroman (55 ans) commente les chiffres et fait le bilan.

Au cours de l'année 2022, le Conseil d'Administration de DPG Media a décidé de préparer les états financiers consolidés du groupe conformément aux normes internationales d'information financière (IFRS). Bien entendu, les chiffres de 2021 ont de fait dû être revus aussi. Cette décision entraîne de nombreux changements, dont les plus importants sont les suivants :

  • Le goodwill de consolidation ne sera désormais plus amorti de manière linéaire, mais soumis à un test de dépréciation annuel. Ainsi, par année, plus de 100 millions d'euros d'amortissement sont supprimés.

  • Les coentreprises ne sont plus consolidées proportionnellement, mais uniquement pour la part du résultat net ; cela a une incidence sur la consolidation de Streamz et de RTL Belgium.

  • Les contrats de location sont désormais inscrits au bilan et amortis par la suite, ce qui augmente l'EBITDA et le total du bilan.

Les prix du papier ont atteint des niveaux record l'année dernière, en partie à cause des coûts élevés de l'énergie."

Piet Vroman
CFO DPG Media Group

Chiffre d'affaires

DPG Media a clôturé l'exercice 2022 avec un chiffre d'affaires de 1,83 milliard d'euros, soit à peu près le même chiffre que l'année précédente. Les revenus générés par les lecteurs ont subi une légère pression et s'élèvent à 866 millions d'euros. Les recettes publicitaires ont mieux résisté : elles ont progressé pour atteindre 612 millions d'euros. Les recettes provenant des affiliations et des petites annonces sont restées relativement stables, à 127 millions d'euros. Pour autant, l'exercice s'est surtout caractérisé par une forte augmentation des coûts, notamment dans les activités d'édition. Les prix du papier ont atteint des niveaux record l'année dernière, en partie à cause des coûts élevés de l'énergie. Malgré la baisse de la consommation, cette situation a eu un impact négatif de plus de 25 millions d'euros pour le groupe. La tension sur le marché du travail s'est notamment traduite par une hausse des coûts dans le réseau de distribution néerlandais, tandis qu'en Belgique, l'indexation automatique des salaires a entraîné une augmentation des frais de personnel. Ces évolutions de coûts devraient peser encore plus lourdement sur le compte de résultat en 2023.

Résultats

En fin de compte, l'EBITDA a terminé l'année dernière à 365 millions d'euros, soit environ 8 % de moins que la valeur de 2021. Si l'on déduit les frais de leasing, ce montant s'élève à 342 millions d'euros. Après déduction des résultats financiers, des impôts et du résultat des entreprises associées, le résultat net du groupe s'élève à 200,9 millions d'euros, soit une baisse de 4,7 %.

Comme l'année dernière, une part importante du résultat provient (de la cession) des activités interrompues. En 2021, la vente de Mobile Vikings a rapporté 118 millions d'euros. L'année dernière, la vente d'Aldipress a généré une contribution de 26 millions d'euros. Le résultat final du groupe pour 2022 s'élève donc à 226,7 millions d'euros.

Bilan

Les fonds propres du groupe ont augmenté pour atteindre 761 millions d'euros, soit 43 % du total du bilan. Le flux de trésorerie disponible a été affecté par les mouvements du capital d'exploitation, mais surtout par l'investissement dans Mediavaert, le nouveau bâtiment d’Amsterdam, ainsi que par l'acquisition de 50 % de RTL Belgium. La dette financière nette s'élève à 314 millions d'euros. De cette somme, 286 millions d'euros ont été souscrits à long terme à un taux d'intérêt fixe. Ainsi, les hausses de taux d'intérêt de la Banque centrale européenne ont peu d'impact sur les volumes d'endettement actuels.